5 clés pour booster sa gestion de patrimoine
publié le 10 décembre 2020
Décryptage , Gérer mon argent
107,5 milliards d’euros : record historique pour l’épargne des Français selon la Banque de France. Les comptes à vue, livrets et comptes rémunérés, une fois déduits leurs crédits, ont enflé de cet astronomique montant sur la période de mars à septembre 2020. En cette fin d’année, si la collecte du livret A semble revenir à un niveau plus normal, la tendance à placer son argent reste vive. La crise économique effraie des épargnants qui ne savent plus quels placements privilégier. Tour d’horizon pragmatique.

Très prisés des épargnants il y a encore quelques années, les supports d’investissement en euros, qui présentent l’avantage d’un capital garanti, sont de moins en moins rémunérateurs dans l’actuel contexte de taux d’intérêt très bas, voire négatifs.
« Une grande majorité des assurances vie reste pourtant en fonds euros, note Jonathan Benharrous, directeur des réseaux externes d’Intencial Patrimoine. Il est donc important que les épargnants réfléchissent à d’autres modalités d’investissement. Par exemple, les fonds euros dynamiques ou à capital protégé ».

Le Livret A, dont les fonds sont garantis, défiscalisés et disponibles à tout moment, a réalisé une collecte nette de plus de 25 milliards d’euros entre janvier et septembre. Un record !
En comparaison, le secteur de l’assurance vie a essuyé une décollecte nette de 7,3 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année. Les Français privilégient en ce moment des solutions d’épargne plus facilement mobilisables.
« Une assurance vie ne doit plus être choisie pour des questions uniquement fiscales, précise Eric Rosenthal, directeur du développement marketing-offre d’Apicil. Mais en fonction des rendements annoncés ».
L’assurance vie n’en reste pas moins, et de loin, le premier placement en France, avec un encours à fin septembre de 1 760 milliards d’euros, contre 444 milliards d’euros pour le Livret A.
Selon l’Insee, 45 % des ménages français ont au moins un contrat d’assurance vie.

Depuis le début de la crise sanitaire, les Français épargnent beaucoup, mais ont tendance à négliger la diversification de leur portefeuille de placements. « Multiplier les classes d’actif est une nécessité aujourd’hui, poursuit Jonathan Benharrous. Et ce dans une logique d’optimisation du couple performances-risques ».
Un profil équilibré présente grosso modo les caractéristiques suivantes : 40 % de produits immobiliers, 40 % de produits obligataires (dans lesquels on retrouve les fonds en euros) et 20 % de produits en actions. « Il est important, également, de respecter les durées d’investissement prévues, conseille Eric Rosenthal. Les cycles sont en effet de plus en plus courts et rien ne sert de paniquer à la première secousse, car derrière un risque se profile toujours un rebond ».

Le PER est un nouveau produit d’épargne. Disponible depuis le 1er octobre 2019, il remplace les autres plans d’épargne retraite en se déclinant sous 3 formes : un PER individuel et deux PER d’entreprise. Le PER individuel succède au Perp et au contrat Madelin. Le PER d’entreprise collectif succède au Perco et le PER d’entreprise obligatoire à l’Article 83.
Bon à savoir : les anciens dispositifs ne seront plus améliorés par les assureurs ; raison pour laquelle le PER est promis à un meilleur avenir. Il permet en outre de sortir en capital alors que ses ancêtres imposent une rente totale ou d’au moins 80 % du capital.

Capital garanti et rendements astronomiques n’existent plus. Pour espérer de bonnes performances financières, il convient d’accepter une part de risque, maîtrisée bien sûr. « Les conseillers en gestion de patrimoine sont là pour définir les besoins d’investissement et la capacité de chacun à gérer le risque, conclut Eric Rosenthal. Il faut faire confiance à ce métier qui s’est considérablement professionnalisé et ne pas laisser de côté les aspects successoraux et fiscaux dans les choix d’investissement, car ils participent au résultat final ».