Dissonance éthique : quand les salariés disent « non » !
publié le 18 mai 2021
Manager mon entreprise , Tendance
Lorsque les valeurs personnelles de l’individu et celles imposées par son entreprise divergent et génèrent des situations d’inconfort, de souffrance ou de conflits, on parle de dissonance éthique au travail. Un phénomène qui prend de l’ampleur, car les Français veulent aujourd’hui, peut-être plus qu’avant, trouver du sens à leur travail et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

La crise sanitaire, longue et génératrice de bouleversements profonds dans les entreprises, n’est pas sans conséquence sur les salariés. L’évolution des méthodes de travail sans accompagnement au changement, l’isolement ou un management peu adapté à la situation tendent aujourd’hui à renforcer un phénomène que les théoriciens nomment « dissonance éthique ».

Un état de malaise et de porte-à-faux, aux causes et formes multiples, dans lequel de nombreux salariés disent se trouver : lorsque l’entreprise met en avant (et en œuvre) des valeurs éloignées de celles du collaborateur ou lorsqu’elle affiche des valeurs qui sont celles du salarié, mais les bafouent sans aucune sanction, on parle de dissonance éthique. Par exemple une discrimination ou un harcèlement avéré, mais enterré par la hiérarchie alors que toutes les plaquettes évoquent le respect, l’inclusion, l’égalité femmes-hommes. Par exemple de saines pratiques commerciales bafouées ou une posture « d’entreprise durable respectueuse de l’environnement » déclamée, mais jamais suivie d’actions.

En quête d’un cadre moral plus affirmé, à la recherche de sens et d’honnêteté, les nouvelles générations sont très sensibles à ce phénomène. Quand une discordance apparaît entre les promesses formulées et la réalité vécue, la frustration est en effet quasi immédiate, surtout chez les plus diplômés moins touchés par le chômage. Et ils démissionnent ! Parmi les plus âgés, certains décident de ne plus s’interroger sur leurs propres actions, traînent les pieds, procrastinent, refusent de s’investir, s’ennuient en réunion ; d’autres, à bout, désobéissent aux règles internes ou disent tout simplement « non », ce qui peut générer des situations conflictuelles très traumatisantes.

Une chose est certaine, la culture de l’éthique se renforce en entreprise. Selon le dernier Baromètre du climat éthique*, les salariés se déclarent à 80 % concernés par les actions menées par leur organisation en la matière. En 2013, 46 % jugeaient que leur manager agissait de façon tout à fait éthique. La proportion s’est amenuisée pour tomber à 20 % aujourd’hui !

* Piloté par le groupe La Poste et le Cercle éthique des affaires